Climat - Ne nous privons pas de la moitié de la population

Photo Axel Fassio/CIFOR - étudiante Formation, Recherche, et Environnement dans la Tshopo (FORETS), université de Kisangani, République démocratique du Congo - BY-NC-ND

 

Sur le terrain, dans les pays touchés par le changement climatique, les femmes étant les premières concernées, il est logique de constater que ce sont également les premières à prendre conscience de l’ampleur du problème. C’est ainsi, par exemple, que le CCNUCC a pu constater que les femmes sont les premières à adopter de nouvelles techniques agricoles respectueuses de l’environnement, ou des méthodes de production d’énergie renouvelable.

 

En revanche, la recherche sur le climat, comme la plupart des autres domaines de recherche scientifiques, est aujourd’hui majoritairement masculine. En particulier, les groupes de travail scientifiques sont majoritairement menés par des hommes.

 

C’est tout à fait regrettable car les chercheurs risquent de passer à côté de problématiques spécifiquement féminines (par leurs propres a priori ou parce que leurs interlocutrices sur le terrain ne leur fourniraient d’elles-mêmes pas toute l’information). De plus, pourquoi se priver de la moitié des cerveaux disponibles ?

 

Du côté de la prise de décision, des efforts ont été faits ces dernières années par le CCNUCC (convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique) afin de mesurer le problème, et essayer de le corriger. Mais essayer ne suffit pas, il n’est pas normal que ce soit aux hommes de décider quand on constate que c’est aux femmes de payer la facture (lien vers le premier article).

 

Aider les actrices du changement

Dans les pays en développement, les femmes ne peuvent souvent pas choisir leur secteur d’activité, que ce soit par pression de la société, ou parce que la loi le leur interdit. De ce fait, certaines activités sont en grande majorité exercées par des femmes, comme l’agriculture (rurale et urbaine), l’agroécologie, les services urbains et ruraux, et l’économie solidaire.

 

Ces femmes possèdent donc un réel savoir faire pratique dans des métiers directement liés à la transition écologique. Nous demandons à ce que des actions soient entreprises afin d’aider ces actrices majeures du changement :

  • Valoriser leurs savoirs-faire en en faisant l’inventaire et en les diffusant

  • Formaliser l’apport de ces femmes en leur donnant un statut et une autonomie. Dans l’agriculture par exemple, les femmes forment le gros de la main d’œuvre, mais presque toujours sous les ordres d’hommes

  • Soutenir leur activité. Actuellement elles n’ont généralement pas accès au crédit parce que ce sont des femmes.

 

Former les chercheuses et décideuses de demain

 

FIU Solar Thermal Collector System

Nous demandons, dans les pays en développement comme ailleurs, un renforcement de l’accès des filles et femmes aux filières scientifiques et techniques, par l’orientation et la formation. Ceci afin de leur permettre d’accéder aux emplois créés par la transition énergétique, ainsi qu’aux activités liées à la préservation de la biodiversité et à l’agroécologie.

 

En finir avec le marketing genré, générateur de pollution (entre autres)

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En plus d’être basé sur des préjugés sexistes, et généralement de s’accompagner d’une taxe rose, le marketing genré nous fait consommer deux fois plus là où nous aurions pu nous contenter de produits mixtes. Pourquoi réutiliser le vélo de la grande sœur pour le petit frère alors qu’on peut en acheter un rose et un bleu ? Ceci sans compter qu’il faut pour un même produit prévoir plus d’emballages pour le rendre masculin ou féminin, et prévoir deux fois plus de stocks et de manutention…

 

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, Osez le féminisme 35 a participé à Rennes avec d’autres associations à la marche pour le climat du 13 octobre !

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En tant qu’association rennaise féministe, on peut se demander quelle légitimité nous avons à prendre position sur le sujet du changement climatique. Les femmes sont en première ligne pour faire face au changement climatique, ici et partout dans le monde.