Les femmes sont les premières victimes du changement climatique

Photo Neil Palmer (CIAT) CC-BY-SA

 

Il est maintenant largement reconnu que «Les femmes sont affectées de manière disproportionnée par les impacts du changement climatique.» (convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique (CCNUCC)

 

C’est finalement assez simple à comprendre: le changement climatique affecte plus les pauvres que les riches car ils n’ont souvent pas les moyens de se protéger ou de changer de vie. Et du fait du système patriarcal généralisé, aujourd’hui dans le monde 70% des pauvres sont des femmes.

 

 

Article des Inrocks - 70% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes

 

Dans de nombreux pays, émergents ou non, les femmes sont cantonnées à des métiers dont les hommes ne veulent pas. Il ne s’agit pas seulement de traditions qu’elles pourraient abandonner si elles en avaient la force, mais de restrictions légales. En 2018 dans le monde d’après la Banque Mondiale, 104 pays interdisent au moins un métier aux femmes parce qu’elles sont des femmes, et parmi ceux-ci la France (en métroppole, les femmes n’ont pas le droit de combattre dans la Légion étrangère, à Mayotte la situation est bien pire).

 

104 pays pour lesquels au moins un métier interdit aux femmes  (2018) - World Bank Group

 

(2018) - Women, Business and the Law - Gender Equality, Women Economic Empowerment - World Bank Group

 

Dans les pays pauvres, certaines tâches incombent principalement aux femmes : production de nourriture, gestion de l’eau domestique, et fourniture d’énergie pour se chauffer et faire à manger. Les conséquences du changement climatique rendent ces tâches de plus en plus longues et difficiles à accomplir au jour le jour, et en cas de catastrophe climatique, ce sont les domaines les plus touchés.

 

 

Le conséquences catastrophiques du changement climatique ne s’arrêtent pas là pour les femmes. Les problèmes d’accès aux ressources basiques comme l’eau ou la nourriture engendrent des conflits souvent armés dans lesquels les femmes sont les premières victimes, le viol étant trop souvent utilisé comme une arme de guerre. Celles qui fuient et deviennent réfugiées sont alors la cible de réseaux de prostitution.

 

Dans nos pays riches et préservés pour le moment, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre même si les conséquences sont différentes.

Qui est en charge du tri des déchets ? Qui culpabilise-t-on d’utiliser la voiture pour emmener les enfants à l’école ? Qui doit lire les étiquettes au moment de faire les courses ? Aujourd’hui, ces tâches sont très majoritairement attribuées aux femmes par notre société sexiste. Mais la journée des femmes ne fait que 24h, et la coupe est pleine.

Si en tant que société nous voulons réellement changer nos habitudes de consommation, alors nous devons collectivement changer cela. La transition écologique ne passera pas sans l’instauration d’une égalité femmes hommes.

 

Le zéro déchet à la maison, ce sont souvent les femmes qui s'en chargent - HuffPost

 

En France comme dans le monde, l’eau monte ! Mais le patriarcat se charge de mettre les femmes la tête sous l’eau les premières.

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