Violences médicales - Échanger pour progresser

Samedi 23 novembre avait lieu notre événement “À notre santée” à la Maison de Quartier de Villejean. Des groupes de discussions étaient formés pour libérer la parole des participantes sur leurs expériences personnelles après avoir profité d’une petite expositions sur le thème des violences médicales.

De l'autorité du médecin à la bienveillance

Il est important que nous, patientes, soyons suffisamment mises en confiances par le corps médical en général pour nous sentir capables d'exprimer notre colère quand ça ne va pas et lorsqu'un médecin ne nous prend pas au sérieux. Cela peut être compliqué quand on n'a connu que des médecins qui ne veulent pas écouter notre point de vue. Pour éviter cela, il existe des listes de médecins à l'écoute (https://gynandco.wordpress.com/ par exemple) ou au contraire des listes noires de médecins, mais cela ne règle pas tout. D'une part, il faut lire ces listes et cela peut être fastidieux, et d'autre part cela crée un climat de surveillance généralisée qui peut créer une relation de défiance entre médecins les médecins et nous.

Dans le même ordre d'idée, il est normal, si cela nous dérange, de refuser que des stagiaires soient présents pendant la consultation. Cette simple demande est parfois très mal prise par certains médecins qui insistent lourdement pour nous faire changer d'avis. Parfois cela va plus loin : il est évident qu'en tant que patiente nous avons le droit de refuser un examen médical, mais ce droit  n’est pas porté à la connaissance des patientes et il est souvent non appliqué par le médecin qui abuse par là de son autorité. D'une manière générale, il est difficile de refuser quelque chose au corps médical et il faut que cela change.

Enfin, il y a le sujet de la violence physique. Certains actes sont douloureux alors qu'ils ne devraient pas l'être. Cela peut venir de la maladresse du praticien, de son ignorance de l’existence de nouvelles techniques (ne pas utiliser de spéculum systématiquement par exemple), mais également d'une volonté de faire mal dans le cas de certains actes pour lesquels le médecin porte un jugement moral (par exemple lors de la pose d'un DIU ou lors d'un avortement).

Mur d'expression rempli lors de la soirée sur les violences médicales

La pression sociale sur les femmes

D'une manière générale, de nombreuses "obligations" plus ou moins médicales pèsent sur les femmes encore aujourd'hui.

La plus évidente est la charge de la contraception : c'est encore et toujours une affaire de femmes uniquement. La contraception hormonale masculine a déjà été mise au point mais n’est pas encore commercialisée, car l’on en craint les effets secondaires, qui sont en réalité les mêmes (en moins nombreux) que ceux que les femmes subissent depuis des décennies. De plus, la vasectomie, largement pratiquée dans d’autres pays d’Europe (plus de 10 % des hommes en Angleterre l’ont choisie) reste peu pratiquée en France. La pilule pour les femmes est contraignante, mais plusieurs freins existent à la généralisation d’alternatives contraceptives. Les méthodes sont nombreuses (DIU (stérilet), implants, voir le site https://www.choisirsacontraception.fr) mais en pratique c'est la pilule qui est toujours proposée en premier.

Les visites chez un.e gynécologue sont vues comme une nécessité alors qu'être une femme n'est pas une maladie ! Par exemple il n'y a aucune raison de faire un frottis avant 25 ans alors que bien souvent il est demandé lors de la visite pour obtenir la pilule.

Les femmes et les filles peuvent refuser cet examen inutile. Il ne faut pas oublier non plus la charge de la virginité qui pèse bien plus sur les femmes que sur les hommes et qui est parfois très handicapante pour avoir une vie épanouie. Rappelons que la virginité est une notion sociale (qui n'est même pas définie de manière claire) et non médicale, bien que certains demandent des certificats de virginité. Si vous avez besoin d'un certificat de virginité, n'hésitez pas à contacter le planning familial qui vous en fera un très réaliste, sans le moindre examen bien sûr !

Soirée débat au sujet des violences médicales par osez le féminisme Rennes

Vers une amélioration

Il faut éradiquer toutes les violences, et cela passe par ces violences médicales. Il est important que nous soyons capables d'exprimer notre colère quand ça ne va pas et quand on ne nous prend pas au sérieux !

Pour faire évoluer la situation, il faut améliorer la formation des médecins et leur sensibilisation à ces problématiques. C'est un processus qui a déjà commencé ici en Ille-et-Vilaine et ailleurs.  C'est pour cette raison que nous avions invité plusieurs professionnel.les de santé à cet événement. Ils et elles ls ont déjà remis en question leurs pratiques et continuent de le faire.

Soirée débat sur les violences médicales par Osez le féminisme Rennes

Pour conclure, on pense souvent aux médecins lorsque l'on parle de professionnels de santé, mais il est très important de savoir que les sage-femmes peuvent s’occuper du suivi gynécologique des femmes en bonne santé (Contraception, dépistage des cancers et IST, prévention).

Les sages-femmes peuvent prescrire les contraceptifs sous toutes leurs formes: pilules, implants, stérilets, diaphragmes dont elles assurent aussi la pose, la surveillance et le retrait. Depuis 2016, elles ont l’autorisation de réaliser les interruptions volontaires de grossesse (IVG) médicamenteuses.

Pour les femmes enceintes dont la grossesse se déroule sans accroc, les sages-femmes peuvent réaliser des échographies et prescrire des examens comme le test pour la trisomie 21. Après l’accouchement, elles s’occupent de la rééducation du périnée et de la cicatrisation des épisiotomies ou césariennes.

La sage-femme a aussi d’un rôle d’information et d’écoute. http://www.ordre-sages-femmes.fr/wp-content/uploads/2015/10/Depliant-sage-femme.pdf . Pour de nombreuses femmes, l'examen par des sage femmes est vécu comme étant plus bienveillant, c'est peut-être la solution pour vous ?

 

 

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